Une installation de stockage de déchets produit du biogaz issu de la dégradation des déchets.
Ce gaz, composé en grande partie de méthane, est capté pour servir de combustible afin de produire de l’énergie électrique ou thermique.
Cependant, le biogaz est très volatile ce qui le rend difficile à capter à 100%.
La fraction de biogaz qui n’a pas pu être captée est source de mauvaises odeurs pour les riverains.
L’objectif de l’équipe d’exploitation de la SECODE est de maîtriser toujours mieux les fuites afin de limiter les périodes de gêne pour les riverains.
Pourquoi les odeurs sont-elle difficiles à maîtriser?
Les odeurs ne sont pas liées au méthane, mais aux autres molécules contenues dans le biogaz, dont l’hydrogène sulfuré (H2S) et des mercaptans.
Ces composés volatiles sont très persistants. Ils ont des seuils olfactifs très bas (concentration du composé dans l’air, à partir de laquelle le nez humain est capable de le détecter). Ainsi, ils sont perceptibles à des concentrations très faibles, ce qui les rend difficile à traiter. Emis de façon diffuse, ces composés sont difficiles à capter entièrement.
Nuisances olfactives,
2 principales causes
Les casiers ouverts
Le casier dans lequel les déchets sont enfouis, avant qu’il ne soit fermé, présente le plus de risques d’émanations olfactives. Un réseau de dégazage provisoire est mis en place pour les capter au maximum.
Les émissions diffuses
Un site présente des points faibles pour une captation optimale des gaz issus de la dégradation des déchets : tête de puits, soudure de membranes, … Un dispositif de surveillance est mis en place pour détecter les points de fuite et pour assurer les réparations nécessaires.
Des ennemis à traquer: le plâtre et les biodéchets
Les biodéchets - les déchets alimentaires - sont des déchets à 100 % organiques. Ils intensifient la production de méthane. Quant au plâtre, mélangé dans le casier de stockage avec des ordures ménagères riches en composés organiques, il génère de l’hydrogène sulfuré (H2S).
La réglementation environnementale oblige la collecte séparative des déchets des biodéchets et du plâtre à la source, pour encourager leur recyclage.
Cependant, les ordures ménagères restent encore riches en déchets alimentaires et du plâtre, ou de la poussière de plâtre, sont encore trop présents dans les encombrants de déchetterie.
Il incombe à tous les acteurs de la chaîne de gestion des déchets, de contribuer à développer le tri et la collecte séparative des biodéchets et du plâtre en amont.
Les actions menées
Des actions sont menées en permanence pour prévenir, surveiller et réparer les points de fuite.
Optimisation du réseau de dégazage
Une installation de stockage est un site en constants travaux d’aménagement et de réglage de réseaux. C’est en ce sens que les équipes travaillent quotidiennement pour surveiller les installations et veiller à leur bon fonctionnement.
- Réglage du réseau
Le savoir-faire des équipes s’exerce sur le réglage du réseau de captage du biogaz. Il faut générer une dépression dans les casiers qui permet au réseau d’aspirer le biogaz au maximum. Pour cela, le réseau de biogaz est surveillé en continu. Des capteurs de pression permettent de mesurer l’efficacité du dispositif. - Construction du réseau dans le casier en exploitation
La conduite de travaux à l’avancement dans le casier ouvert permet de mettre en place un réseau provisoire de dégazage et une couverture temporaire des alvéoles non encore définitivement fermées.
Réduction de la surface et de la durée d'exploitation des casiers
Le casier ouvert, en cours d'exploitation, étant la source principale de fuites, des mesures sont désormais prise pour limiter la taille du casier de façon à ce que sa durée d'exploitation soit limitée dans le temps et qu'il puisse est couvert dans le délai le plus court.
Depuis novembre 2025, la SECODE procède à la couverture journalière du casier en exploitation.
Le dispositif de surveillance
SECODE possède un dispositif de surveillance des fuites in-situ composé de :
- 4 capteurs fixes et un capteur portatif nomade capables de mesurer des fuites d’H2S ,
- une station météo qui mesure la pression atmosphérique, l’orientation et la force des vents,
L'analyse combinée des données collectées par ces deux équipements permet de définir les zones d’impact olfactif.
Ce dispositif est opérationnel depuis novembre 2024.
Les résultats sont retranscrits sur un tableau de bord. L’analyse de ces résultats permet de caractériser les fuites d’H2S, de les localiser précisément grâce au capteur mobile et de les réparer.
En complément, 4 campagnes de cartographie des fuites sont réalisées chaque année :
- 2 campagnes de cartographie au sol réalisées par le bureau d'études spécialisé en biogaz, Riquier Etudes Environnement .
- 2 campagnes de cartographie par drône réalisées par le bureau Veritas
Ces 4 campagnes ont l'avantage de balayer l'entièreté du site.
100% des fuites identifiées seront réparées dans un délai plus ou moins important en fonction du type de réparation à mener.
Des moyens renforcés ont été mis en place pour informer la Commune de Boves en cas de travaux susceptibles d'entraîner des nuisances olfactives.
Les riverains sont invité à signaler tout désagrément par appel téléphonique, par sms et via le formulaire de contact du présent site internet.